Petite histoire du sainfoin

Le sainfoin, une des plantes cultivées par Philippe André de Vilmorin – © D.R.
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Si ce dernier s’intéresse à la betterave, il se préoccupe aussi de plantes mellifères, sainfoin, trèfles, luzernes, carotte. De 1822 à 1860, le domaine des Barres est un champ d’expérimentations tant concernant les arbres que les cultures fourragères et les essais d’engrais. Une large partie de la propriété de Philippe André de Vilmorin, au nord, à l’ouest et à l’est, s’étend sur terrain calcaire recouvert d’une couche assez variable de limons, favorisant ainsi la culture d’avoines, d’orges, de carottes, de sarrasin, de navets, de betteraves, de trèfles, de froment, de méteil et de sainfoin. C’est l’époque où le Gâtinais connaît une forte activité apicole au point que le miel du Gâtinais devient le meilleur des miels produits en France. Cette réussite est due à la culture de plantes fourragères mellifères nécessaires à l’éducation[1] des abeilles. Là encore, P.-A. de Vilmorin va faire preuve de singularité. Il sème ces plantes mellifères aux Barres au moment où des expérimentations de ruches se pratiquent localement. Il a appris, de Duhamel du Monceau, que le sainfoin, plante particulièrement visitée par les abeilles, était cultivé dans le Gâtinais orléanais depuis 1761. Il est ensuite introduit, pour la première fois en 1763, dans le bocage du Gâtinais par Despommiers. À partir de 1785, il se répand largement dans toute la contrée, souvent accompagné par le sarrasin. P.-A. de Vilmorin contribue alors au développement et à l’extension de la culture du sainfoin et d’autres plantes mellifères (trèfles) mais les ruches ne donnent pas une totale satisfaction bien « que le sainfoin cultivé dans le Gâtinais à la fin du XVIIIe siècle accorde toute sa réputation à ce miel au XIXe siècle ».